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mardi 27 novembre 2007, mis à jour à 11:57

Une soixantaine de policiers blessés à Villiers-le-Bel

Reuters

Une soixantaine de policiers ont été blessés, dont cinq grièvement, au cours d'une seconde nuit de violences à Villiers-le-Bel, et dans des communes voisines du Val-d'Oise, où cinq personnes ont été interpellées, rapportent les autorités.

Ces incidents font suite à la mort de deux adolescents dimanche à Villiers-le-Bel dans un choc entre une petite moto et une voiture de police. L'affaire est considérée officiellement comme un accident et une enquête est ouverte.

Le scénario fait craindre une escalade similaire à 2005 dans les banlieues. La mort dans un transformateur électrique à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) de deux jeunes poursuivis par la police avait provoqué trois semaines de violences urbaines sans précédent dans l'histoire contemporaine du pays.

Parmi les cinq fonctionnaires de police gravement atteints lundi soir, l'un a été touché à l'épaule par un plomb de chasse, dit-on à la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP). Ses jours ne sont pas en danger.

"Il faut que des mesures soient prises pour empêcher ceux qui tirent sur les policiers de le faire", a dit la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie.

"Dans les mesures, il y aura notamment une présence policière forte sur le terrain. Il faut aussi que la population nous aide à isoler ceux qui sont des délinquants", a-t-elle ajouté au micro de RTL.

La ministre de la Justice, Rachida Dati, a dit dans un communiqué qu'elle avait demandé aux procureurs que les personnes placées en garde à vue soient déférées "dès lors que les faits sont caractérisés et leur sont imputables".

Selon le syndicat de police Synergie, 77 policiers ont été blessés, certains ayant refusé de se faire hospitaliser.

"C'est un bilan qui est rarement atteint dans une émeute", a souligné le secrétaire national du syndicat, Patrice Ribeiro, sur RTL. "D'après ce que nous disent nos collègues sur place, c'est une situation qui est bien pire que celle qu'on a pu connaître en 2005, avec un stade qui a été dépassé hier soir avec l'apparition des armes", a-t-il dit.

La bibliothèque Louis-Jouvet de Villiers-le-Bel a été détruite par un incendie. Des dizaines de commerces et de restaurants ainsi qu'une agence du Trésor public ont été dégradés, dit-on de source policière.

Selon la DDSP, une soixantaine de véhicules ont été incendiés, dont une voiture de police.

Des affrontements sporadiques se sont déroulés pendant plusieurs heures entre de petits groupes qui lançaient des pierres et divers projectiles sur les forces de l'ordre.

Le calme est revenu à Villiers vers 01h30.

EXTENSION A D'AUTRES COMMUNES

Des feux de voitures et de poubelles ont été signalés à Cergy, Ermont, Goussainville, Fosses et Argenteuil.

A Sarcelles, des affrontements entre policiers et une cinquantaine de jeunes ont éclaté près d'un concessionnaire automobile, où les policiers disent avoir été attirés dans un guet-apens. La préfecture ne faisait pas état de cet épisode.

La nuit précédente, un commissaire de police avait été sérieusement blessé, ainsi que 24 policiers - dont deux gravement - et un pompier, à Villiers-le-Bel.

Lundi, la famille des deux victimes tuées à moto et les autorités avaient appelé au calme.

Marie-George Buffet, secrétaire nationale du Parti communiste, a lancé un appel au calme. "Lui seul permettra à la justice de faire toute la lumière sur la mort de ces deux jeunes et lui seul permettra de renvoyer le gouvernement à ses responsabilités", dit-elle dans un communiqué.

Delphine Batho, secrétaire du Parti socialiste chargée de la sécurité, a condamné les violences. Dans un communiqué, elle exprime la solidarité du PS avec les policiers blessés et la population et demande que l'enquête soit menée "rapidement et clairement".

Pour Jean-Marie Le Pen, les événements de la nuit marquent "une terrible escalade de la violence par rapport à l'automne 2005" et les autorités devraient avoir moins d'états d'âme.

"Le ministre de l'Intérieur qui parlait de Kärcher pour nettoyer les banlieues, est le président de la République qui annonçait la rupture. Il n'y a eu ni Kärcher ni rupture", écrit le président du Front national dans un communiqué.

Le parquet a dit qu'il avait ouvert une enquête préliminaire sur la mort des deux adolescents pour homicides involontaires et non-assistance à personne en danger, confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) et à la sûreté départementale.

Le procureur de Pontoise Marie-Thérèse de Givry a déclaré qu'il s'agissait d'un "accident de la circulation". Certaines questions demeurent sur l'éventuelle arrivée tardive des secours ou une hypothétique fuite des policiers alléguée par divers témoins, ce qui est démenti par les autorités.

"Je souhaite que chacun s'apaise et qu'on laisse la justice déterminer les responsabilités des uns et des autres", a déclaré le président Nicolas Sarkozy en marge d'une visite en Chine.

Le Premier ministre, François Fillon, a fait savoir qu'il avait téléphoné aux parents des deux jeunes gens décédés "pour leur présenter ses condoléances et leur assurer que tout serait fait pour rechercher la vérité".

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